"Ah depuis le temps de nos ancêtres, jamais pareille
situation a eu lieu, comment expliquer que le nombre de tombes dépasse celui de berceaux,
un génocide à
Djera s’écrie un octogénaire".
Un petit fils lui demanda ; que c’est qui se passe
grand père ? L’homme aux cheveux gris, avec un faciès plein de consternation, lui relata l’histoire en ces termes:
Bekanga chasseur expérimenté, sexagénaire, un jour sillonna toute la forêt de Djera et ne vit aucun
gibier ; sur son chemin de retour ramassa un vieux singe décédé
depuis le matin, il s’agenouilla et rendit gloire aux ancêtres et à
Ndjakomba, le maitre de l’univers qui selon lui a pourvue à
ses besoins.
Il retira l’épée de son gibecière, coupa quelques feuilles où
il mit le pauvre singe et disséqua, selon une expérience séculaire, il
parti de là vers dix sept heure passée et arriva chez lui au crepuscule, il accrocha son gibecière derrière la maison
à
la place habituelle, et lorsque sa maisonnée le vit, il eut de la joie.
La viande a moitié rôtie, a moitié cuite, ils mâchèrent
difficilement cette viande pleine de fibres collagènes.
Dix jours après la consommation de cette viande, Bekanga eu
des frissons un soir, il prit deux bouteilles d’une potion indigène qui le
soulageait depuis son jeune âge, et malgré cela, il ne parvint pas à
se rétablir, le matin s’ajouta des douleurs musculaires, la diarrhée, les
vommissents et le troisième jour s’ajouta une hématémèse, l’épistaxis, la conjonctivite, la
gingivorragie, et Bekanga commença à voir tous ses aïeux défilant devant lui et
l’appelant à
partir au delà de la lomami, il marmottait et personne alors personne ne
pouvait plus entendre ce qu’il disait.
Sa femme alerta la famille du pauvre moribond, qui du plus
grand au plus petit, se réunirent autour du lit de l’agonisant pour parler afin
de sauver sa vie.
Paroles pan vitalistes, le prêtre du culte ancestral démontra
sans ambigüité comment Bekanga était voué à la mort car ayant brisé les règlements
de la famille, donc il ne fallait pas l’amener à l’hôpital car c’était une
punition ancȇstrale
pour sa méconduite.
Une chance de survivre lui fut accordée, si sa femme et ses
enfants arrivaient à payer une chèvre que les vivants de la famille mangeront,
et deux coqs blancs pour faire le sacrifice aux défunts afin qu’ils intercèdent
en faveur de la victime à Djakomba, le maitre de l’univers.
L’épouse, les fils, les filles, les belles filles ainsi que
les beaux fils de Bekanga se concertèrent et cotisèrent tant soit peu et amenèrent
les biens en espèce.
Le chef de famille, considéré par tous comme pont entre les
aïeux, les défunts du clan et les vivants ordonna qu’on immolasse les deux chèvres
la journée, et tous les membres de familles présents mangèrent et dire un mot
de pardon, rentrèrent un a un après avoir touché le patient dans son agonie
pour lui témoigner leur affection fraternelle, le chef de famille demanda à l’épouse
du malade de préparer un mumbita et les deux coqs afin qu’à
une heure du matin qu’ils se rendissent aux cimetières pour laisser la
nourriture aux ancêtres afin d’obtenir le pardon du péché du souffrant.
A minuit, au moment ou tout le monde dormait, le prêtre
ancestral partirent avec la future veuve au cimetière, cette dernière
transportant un panier rempli de nourriture, ils déposèrent cela sur la pierre
tombale du père de l’agonisant, le guide chanta, dansa et parla, sans réponse,
il rassura à
sa belle sœur que les ancêtres vont traiter le dossier cette nuit même, et ils rebroussèrent
chemin plein d’assurance que le malade se rétablira.
Deux jours après aux symptômes préexistant, s’ajouta le sang
dans les selles, à l’entrée de la salle d’urgence
de l’Hôpital de Djera, le pauvre sexagénaire cassa la pipe.







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