jeudi 18 septembre 2014

LE GENOCIDE DE DJERA PREMIERE PARTIE


"Ah depuis le temps de nos ancêtres, jamais pareille situation a eu lieu, comment expliquer que le nombre de tombes dépasse celui de berceaux, un génocide à Djera s’écrie un octogénaire".
Un petit fils lui demanda ; que c’est qui se passe grand père ? L’homme aux cheveux gris, avec un faciès plein de consternation, lui relata l’histoire en ces termes:
 


Bekanga chasseur  expérimenté, sexagénaire, un jour sillonna toute la forêt de Djera et ne vit aucun gibier ; sur son chemin de retour ramassa un vieux singe décédé depuis le matin, il s’agenouilla et rendit gloire aux ancêtres et à Ndjakomba, le maitre de l’univers qui selon lui a pourvue à ses besoins.





Il retira l’épée de son gibecière, coupa quelques feuilles où il mit le pauvre singe et disséqua, selon une expérience séculaire, il parti de là vers dix sept heure passée et arriva chez lui au crepuscule, il accrocha son gibecière derrière la maison à la place habituelle, et lorsque sa maisonnée le vit, il eut  de la joie.



La viande a moitié rôtie, a moitié cuite, ils mâchèrent difficilement cette viande pleine de fibres collagènes.

Dix jours après la consommation de cette viande, Bekanga eu des frissons un soir, il prit deux bouteilles d’une potion indigène qui le soulageait depuis son jeune âge, et malgré cela, il ne parvint pas à se rétablir, le matin s’ajouta des douleurs musculaires, la diarrhée, les vommissents et le troisième jour s’ajouta une hématémèse, l’épistaxis, la conjonctivite,  la gingivorragie, et Bekanga commença à voir tous ses aïeux défilant devant lui et l’appelant à partir au delà de la lomami, il marmottait et personne alors personne ne pouvait plus entendre ce qu’il disait.
 


Sa femme alerta la famille du pauvre moribond, qui du plus grand au plus petit, se réunirent autour du lit de l’agonisant pour parler afin de sauver sa vie.

Paroles pan vitalistes, le prêtre du culte ancestral démontra sans ambigüité comment Bekanga était voué à la mort car ayant brisé les règlements de la famille, donc il ne fallait pas l’amener à l’hôpital car c’était une punition ancȇstrale pour sa méconduite.
Une chance de survivre lui fut accordée, si sa femme et ses enfants arrivaient à payer une chèvre que les vivants de la famille mangeront, et deux coqs blancs pour faire le sacrifice aux défunts afin qu’ils intercèdent en faveur de la victime à Djakomba, le maitre de l’univers.
L’épouse, les fils, les filles, les belles filles ainsi que les beaux fils de Bekanga se concertèrent et cotisèrent tant soit peu et amenèrent les biens en espèce.

 


Le chef de famille, considéré par tous comme pont entre les aïeux, les défunts du clan et les vivants ordonna qu’on immolasse les deux chèvres la journée, et tous les membres de familles présents mangèrent et dire un mot de pardon, rentrèrent un a un après avoir touché le patient dans son agonie pour lui témoigner leur affection fraternelle, le chef de famille demanda à l’épouse du malade de préparer un mumbita et les deux coqs afin qu’à une heure du matin qu’ils se rendissent aux cimetières pour laisser la nourriture aux ancêtres afin d’obtenir le pardon du péché du souffrant.
A minuit, au moment ou tout le monde dormait, le prêtre ancestral partirent avec la future veuve au cimetière, cette dernière transportant un panier rempli de nourriture, ils déposèrent cela sur la pierre tombale du père de l’agonisant, le guide chanta, dansa et parla, sans réponse, il rassura à sa belle sœur que les ancêtres vont traiter le dossier cette nuit même, et ils rebroussèrent chemin plein d’assurance que le malade se rétablira.

 



Deux jours après aux symptômes préexistant, s’ajouta le sang dans les selles,  à l’entrée de la salle d’urgence de l’Hôpital de Djera, le pauvre sexagénaire cassa la pipe.